Vous avez peut-être déjà rencontré les mentions « médecin adhérent au DPTAM », « praticien OPTAM » ou « honoraires non DPTAM » dans le tableau de garanties de votre mutuelle santé.

Derrière ces sigles se cache une différence importante. Selon le médecin consulté, la base utilisée par l’Assurance Maladie et le niveau d’intervention de votre complémentaire santé peuvent varier. Deux consultations facturées au même prix peuvent ainsi laisser des restes à charge très différents.

Le DPTAM a précisément pour objectif de mieux encadrer les dépassements d’honoraires. Voici comment il fonctionne et comment savoir si votre mutuelle vous protège suffisamment.

Que signifie DPTAM ?

DPTAM signifie Dispositif de pratique tarifaire maîtrisée.

Il ne s’agit pas d’une mutuelle ni d’une garantie supplémentaire. Le DPTAM désigne l’ensemble des dispositifs permettant aux médecins autorisés à pratiquer des dépassements d’honoraires de s’engager auprès de l’Assurance Maladie à mieux maîtriser leurs tarifs.

Aujourd’hui, ces dispositifs prennent principalement la forme de :

  • l’OPTAM, ou Option pratique tarifaire maîtrisée ;
  • l’OPTAM-ACO, destinée à certains spécialistes exerçant en anesthésie, chirurgie ou obstétrique.

Depuis 2025, l’OPTAM-ACO remplace l’ancienne OPTAM-CO et inclut notamment les anesthésistes-réanimateurs, les chirurgiens et les gynécologues-obstétriciens éligibles. Les principes généraux restent les mêmes : le médecin s’engage sur un taux moyen de dépassement et sur une part de son activité réalisée sans dépassement. L’Assurance Maladie détaille ces engagements sur son site.

Dans les tableaux de garanties des complémentaires santé, la mention « DPTAM » regroupe donc généralement les médecins adhérant à l’OPTAM ou à l’OPTAM-ACO.

Quel est l’objectif du DPTAM ?

Les médecins conventionnés de secteur 2 sont autorisés à appliquer des honoraires supérieurs aux tarifs conventionnels de l’Assurance Maladie.

Le DPTAM vise à limiter les conséquences de ces dépassements pour les patients. Un médecin adhérent s’engage notamment à :

  • modérer son taux moyen de dépassement d’honoraires ;
  • maintenir une partie de son activité au tarif conventionnel ;
  • stabiliser sa pratique tarifaire ;
  • favoriser un meilleur accès aux soins.

En contrepartie, il bénéficie d’avantages conventionnels accordés par l’Assurance Maladie.

Attention : l’adhésion au DPTAM ne signifie pas que le médecin ne pratique aucun dépassement. Elle indique que ses dépassements sont maîtrisés dans le cadre d’engagements définis avec l’Assurance Maladie.

Ces engagements portent sur l’activité globale du médecin. Ils ne constituent pas nécessairement un plafond identique applicable à chaque consultation ou à chaque acte.

Secteur 1, secteur 2 DPTAM et secteur 2 non-DPTAM : quelles différences ?

Pour comprendre l’impact du dispositif, il faut distinguer trois situations.

Situation du médecinTarificationDépassements d’honorairesBase de remboursement
Médecin conventionné de secteur 1Tarif conventionnelEn principe absents, sauf situations particulièresTarif conventionnel
Médecin de secteur 2 adhérent au DPTAMHonoraires libres mais maîtrisésPossibles et encadrés par ses engagementsBase généralement plus favorable, comparable à celle du secteur 1
Médecin de secteur 2 non-DPTAMHonoraires libresPossibles, avec une plus grande liberté tarifaireBase souvent moins favorable

Un médecin non adhérent à l’OPTAM fixe librement ses honoraires, dans le respect du principe de tact et mesure. L’Assurance Maladie peut cependant utiliser une base de remboursement inférieure à celle applicable à un médecin adhérent.

Le statut du praticien agit donc à deux niveaux :

  1. sur le montant du dépassement susceptible d’être facturé ;
  2. sur le remboursement de l’Assurance Maladie et de la mutuelle.

DPTAM et remboursement : pourquoi la différence peut-elle être importante ?

L’Assurance Maladie ne rembourse pas directement un pourcentage du prix réellement payé. Elle applique un taux à une base de remboursement, également appelée BR ou BRSS.

Pour une consultation respectant le parcours de soins coordonnés, le remboursement correspond généralement à 70 % de cette base, avant déduction de la participation forfaitaire de 2 euros.

Chez un médecin de secteur 2 non adhérent au DPTAM, la base retenue peut être moins élevée. Le remboursement obligatoire diminue alors, même si le prix facturé est identique.

En 2026, par exemple, la base d’une consultation courante chez de nombreux spécialistes est de 31,50 euros pour un médecin de secteur 1 ou adhérent au dispositif de pratique tarifaire maîtrisée, contre 23 euros pour un praticien de secteur 2 non adhérent. Ces montants peuvent varier selon la spécialité, l’acte, l’âge du patient et le respect du parcours de soins. Les tarifs actualisés peuvent être consultés dans les tableaux de remboursement de l’Assurance Maladie.

Quel remboursement avec une mutuelle à 100 %, 150 % ou 200 % BR ?

Les pourcentages indiqués par une mutuelle ne correspondent pas au pourcentage de la facture. Ils sont calculés à partir de la base de remboursement de l’Assurance Maladie.

Ainsi, lorsque la base est de 31,50 euros :

  • 100 % BR correspond à un plafond global de 31,50 euros ;
  • 150 % BR correspond à un plafond global de 47,25 euros ;
  • 200 % BR correspond à un plafond global de 63 euros.

Sauf indication contraire dans le contrat, ce plafond comprend généralement le remboursement de l’Assurance Maladie et celui de la complémentaire santé.

La participation forfaitaire de 2 euros reste normalement à la charge de l’assuré et n’est pas remboursée par une complémentaire santé responsable.

Exemple de remboursement chez un spécialiste DPTAM

Prenons une consultation facturée 70 euros par un spécialiste adhérent au DPTAM, avec une base de remboursement de 31,50 euros.

Avec une garantie à 200 % BR :

  • plafond théorique : 31,50 € × 200 % = 63 € ;
  • remboursement de l’Assurance Maladie avant participation forfaitaire : 22,05 € ;
  • remboursement maximal de la mutuelle : 40,95 € ;
  • remboursement réellement perçu : 61 €, après déduction de la participation forfaitaire ;
  • reste à charge final : 9 €.

Cet exemple est indicatif. Le remboursement réel dépend de la spécialité, de l’acte réalisé, du parcours de soins et des conditions précises du contrat.

Pourquoi 100 % BR ne couvre-t-il pas les dépassements ?

Une garantie à 100 % BR permet essentiellement de compléter le remboursement de l’Assurance Maladie jusqu’à la base conventionnelle.

Elle ne signifie pas que 100 % de la facture sera remboursé.

Si un spécialiste facture 70 euros avec une base fixée à 31,50 euros, une couverture à 100 % BR laissera les dépassements d’honoraires à la charge du patient, en plus de la participation forfaitaire.

Les personnes consultant régulièrement des spécialistes de secteur 2 doivent donc porter une attention particulière aux garanties exprimées à 150 %, 200 %, 250 % ou 300 % BR.

Pourquoi les mutuelles remboursent-elles moins les médecins non-DPTAM ?

La majorité des complémentaires santé commercialisées en France sont des contrats responsables.

Lorsque ces contrats prennent en charge les dépassements d’honoraires des médecins non adhérents à un dispositif de pratique tarifaire maîtrisée, cette prise en charge doit rester inférieure à celle prévue pour les médecins adhérents. Elle est encadrée par la réglementation applicable aux contrats responsables.

Un tableau de garanties peut, par exemple, prévoir :

  • 200 % BR pour un médecin adhérent au DPTAM ;
  • 180 % BR pour un médecin non adhérent.

Certains contrats appliquent une différence plus importante. Il est donc indispensable de lire séparément les lignes « adhérent DPTAM » et « non adhérent DPTAM ».

Comment savoir si un médecin est adhérent au DPTAM ?

Le moyen le plus fiable consiste à utiliser l’Annuaire santé de l’Assurance Maladie.

Après avoir recherché le praticien ou sa spécialité, consultez la rubrique relative aux honoraires. La mention suivante indique son adhésion :

Honoraires avec dépassements maîtrisés (OPTAM)

À l’inverse, la mention « honoraires libres » sans indication OPTAM correspond généralement à un médecin de secteur 2 non adhérent.

Vous pouvez également :

  • demander directement l’information au secrétariat médical ;
  • vérifier le secteur conventionnel avant de prendre rendez-vous ;
  • demander le tarif prévisionnel de la consultation ;
  • solliciter un devis écrit avant une intervention coûteuse.

Pour une opération, il faut vérifier séparément le statut et les honoraires du chirurgien et de l’anesthésiste. Les deux praticiens peuvent appliquer des tarifs et disposer de statuts conventionnels différents.

Un médecin DPTAM peut-il facturer des dépassements d’honoraires ?

Oui. DPTAM ne signifie pas « sans dépassement ».

Un médecin adhérent peut pratiquer un tarif supérieur à la base de remboursement. Il s’engage cependant à maîtriser son niveau moyen de dépassement et à conserver une certaine proportion d’actes réalisés au tarif opposable.

Avant une consultation ou une intervention, le patient conserve le droit d’être informé du prix pratiqué. Pour les actes comportant des dépassements importants, un devis permet de demander une estimation préalable à sa mutuelle.

Le DPTAM concerne-t-il les dentistes ?

L’OPTAM et l’OPTAM-ACO concernent les médecins éligibles à ces options conventionnelles. Un chirurgien-dentiste n’est donc pas présenté comme médecin OPTAM dans l’Annuaire santé.

Si un tableau de garanties semble associer le DPTAM à des soins dentaires, il faut vérifier la rédaction exacte du contrat auprès de l’organisme complémentaire. La prise en charge des soins et prothèses dentaires obéit à des règles spécifiques.

DPTAM et hospitalisation : que faut-il vérifier ?

Le DPTAM est particulièrement important lors d’une hospitalisation dans un établissement privé, car les dépassements du chirurgien et de l’anesthésiste peuvent atteindre plusieurs centaines d’euros.

Avant l’intervention, demandez :

  • un devis détaillé pour chaque praticien ;
  • le statut OPTAM ou OPTAM-ACO du chirurgien ;
  • le statut OPTAM ou OPTAM-ACO de l’anesthésiste ;
  • la base de remboursement de chaque acte ;
  • une simulation de prise en charge à votre mutuelle ;
  • le montant exact du reste à charge prévisionnel.

Ne confondez pas les honoraires des praticiens avec les autres frais d’hospitalisation : forfait journalier, chambre particulière, frais d’accompagnement ou prestations de confort. Chaque dépense correspond à une garantie différente.

Comment lire la ligne DPTAM de son contrat santé ?

Dans votre tableau de garanties, recherchez les rubriques suivantes :

  • honoraires médicaux ;
  • consultations et visites ;
  • actes techniques ;
  • honoraires chirurgicaux ;
  • hospitalisation ;
  • praticiens DPTAM et non-DPTAM.

Vérifiez ensuite :

  1. si le taux inclut le remboursement de l’Assurance Maladie ;
  2. s’il est exprimé en BR, BRSS ou tarif conventionnel ;
  3. si le niveau diffère entre DPTAM et non-DPTAM ;
  4. si un plafond annuel ou par acte est prévu ;
  5. si un délai de carence s’applique ;
  6. si la garantie couvre correctement vos spécialistes habituels.

Une formule élevée en optique ou en dentaire n’est pas nécessairement performante sur les dépassements d’honoraires. La bonne mutuelle est celle dont les garanties correspondent à vos dépenses réelles.

Comment réduire son reste à charge ?

Quelques vérifications peuvent limiter efficacement vos dépenses :

  • respecter le parcours de soins coordonnés ;
  • déclarer et consulter son médecin traitant ;
  • privilégier, lorsque cela est possible, les médecins de secteur 1 ou adhérents au DPTAM ;
  • vérifier le statut du praticien dans l’Annuaire santé ;
  • demander les tarifs avant le rendez-vous ;
  • transmettre les devis hospitaliers à sa complémentaire ;
  • choisir un niveau de garantie adapté à la fréquence de ses consultations spécialisées.

Une garantie renforcée n’est pas systématiquement nécessaire. Elle devient toutefois pertinente pour une personne consultant régulièrement des spécialistes de secteur 2, préparant une intervention chirurgicale ou recherchant une meilleure couverture hospitalière.

Comment choisir une mutuelle adaptée aux dépassements d’honoraires ?

Comparer uniquement le prix mensuel d’une complémentaire santé peut conduire à une protection insuffisante.

Pour évaluer correctement un contrat, il faut tenir compte de :

  • votre âge et votre situation familiale ;
  • vos professionnels de santé habituels ;
  • leur secteur conventionnel ;
  • la fréquence de vos consultations ;
  • les dépassements pratiqués dans votre région ;
  • vos besoins prévisibles en hospitalisation ;
  • la différence de remboursement entre DPTAM et non-DPTAM.

Basé à Hyères, Le Courtier des Îles d’Or peut analyser vos garanties actuelles et vous aider à choisir une couverture cohérente avec vos dépenses de santé, sans multiplier les garanties inutiles.

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Questions fréquentes sur le DPTAM

Quelle est la différence entre DPTAM et OPTAM ?

Le DPTAM est le terme générique désignant les dispositifs de pratique tarifaire maîtrisée. L’OPTAM et l’OPTAM-ACO sont les options conventionnelles auxquelles les médecins éligibles peuvent adhérer.

DPTAM signifie-t-il qu’il n’y a aucun dépassement d’honoraires ?

Non. Un médecin DPTAM peut pratiquer des dépassements, mais il s’engage à maîtriser sa pratique tarifaire dans les conditions définies avec l’Assurance Maladie.

Est-on mieux remboursé chez un médecin DPTAM ?

Généralement oui. La base de remboursement de l’Assurance Maladie est souvent plus favorable et les contrats responsables peuvent mieux couvrir les dépassements des médecins adhérents.

Comment trouver un médecin DPTAM ?

Consultez l’Annuaire santé Ameli et recherchez la mention « Honoraires avec dépassements maîtrisés (OPTAM) » dans la fiche du praticien.

Une mutuelle à 100 % rembourse-t-elle les dépassements ?

En principe, une garantie à 100 % BR complète le remboursement jusqu’à la base conventionnelle. Elle ne couvre généralement pas les dépassements d’honoraires.

Une mutuelle à 200 % rembourse-t-elle toute la facture ?

Pas systématiquement. Le plafond est calculé sur la base de remboursement, et non sur le montant facturé. Si les honoraires dépassent deux fois cette base, un reste à charge peut subsister.

L’OPTAM-CO existe-t-elle encore ?

L’ancienne OPTAM-CO a été remplacée par l’OPTAM-ACO, qui couvre l’anesthésie, la chirurgie et l’obstétrique. Cette évolution est entrée en vigueur dans le cadre de la convention médicale 2024-2029.


Les exemples présentés sont indicatifs et reposent sur les tarifs métropolitains disponibles en mai 2026. Les remboursements peuvent varier selon l’acte, la spécialité, le parcours de soins, le régime obligatoire et les garanties du contrat.